Voilà près de 15 jours que le 3ème réglage a eu lieu. Quelles sont mes impressions ? Je dirais que c'est un bilan assez mitigé.

Le succès des sons aigus est incontestablement la meilleure performance que l'implant pouvait m'apporter. Rajouter des sons aigus dans mon panel des perceptions sonores signifie une richesse globale de tous les sons perçus. Par exemple, les musiques des chansons sont plus complexes, plus détaillées, puisque je perçois également les gammes aigues de la musique. Cela va de même pour la télévision: lors d'un Journal Télévisé, outre la voix off du commentateur, je m'aperçois de la richesse des sons qui l'entoure (musique, environnement extérieur, etc).

Les séances d'orthophonie s'enchaînent et me font progresser. A partir d'un album pour enfant, je dois répéter les phrases de mon ortho, sans lire sur les lèvres. Au début elle détachait vraiment tous les mots : "Je mange des pommes de terre" donnait "Je / man / ge / des / pommes / de / terre ". Chaque syllabe était articulée exagérément. Maintenant on essaie de moins couper ces phrases, et d'enchaîner certaines parties. Cela me demande tellement de concentration, que je me fatigue très vite. Au bout de quelques phrases je ne comprends absolument plus rien ! Les difficultés s'orientent davantage vers la localisation du bruit. On travaille, on travaille, mais c'est point mort pour le moment ! Impossible de savoir si le son vient de droite ou de gauche. Quant à savoir si ce bruit est près ou loin de moi, le résultat semble meilleur. Patience, patience !

Là où je suis particulièrement déçue, c'est lors des conversations à plusieurs. Même un échange à 3 m'est impossible. Et puis il y a toujours un environnement bruyant autour (radio, télé...). J'essaie, bien sûr, de m'aider de la lecture labiale, mais parfois le cerveau dit "stop", et je ne cherche pas à faire d'efforts. C'est qu'il faut être réactif 24h/24 ... L'arrivée du weekend propice aux sorties ou rencontres, est toujours un peu angoissante, dans la mesure où je dois être sur le qui-vive tout le temps. Il y a des jours où l'on aurait envie d'être n'importe qui, d'aller s'amuser en boîte, de discuter entre amis, d'avoir un I-pod sur les oreilles, et tant d'autre. Une simple sortie au restaurant, avec un autre couple est difficile. Mais peu de gens s'en rendent compte... Beaucoup me trouvent susceptible... Mais la susceptibilité est un défaut reproché à tous les sourds. Quand on n'entend pas toujours l'intonation de la voix, quand on entend un mot sur quatre d'une phrase et quand tout le monde se met à rire, alors oui, forcément on se sent visé. La plupart du temps j'essaie de me contrôler, ce n'est pas toujours évident.

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Enfin, il faut aussi dire qu'une opération telle que l'implant cochléaire a aussi ses vices. A chaque réglage je retourne à Lyon un peu stressée, mais globalement contente du résultat. Mais je me rends compte que la perfection ne sera jamais atteinte, et que toutes les difficultés que je rencontre, si elles en sont atténuées, ne changeront jamais : l'handicap restera à vie.

On verra avec le temps si les choses changent un peu ! Et pour terminer sur une note positive tout de même, lorsque la batterie de l'implant est à plat, j'en mets immédiatement une autre ! C'est bien une preuve que mon implant sert à quelque chose ! De même qu'au niveau professionnel, j'ai eu cette semaine, écho de plusieurs pistes intéressantes à exploiter, je vous tiens au courant !